10.10.08

La tomate suspendue à son pied dans le jardin de ma mère

12 min _ oct. 2008
coul. _ mini-dv
(filmé en 2006 _ Diptyque avec "Des pommes…")


Dispositif de visionnage : sur écran plasma 4:3 doté de bonnes enceintes, ou en projection.







Une autre peinture de nature morte, sur le motif et en direct.
Par des plans répétés, la caméra revient sur son modèle, développe
la manière dont le filmage amène le fruit.
Du haut du pied de tomate à la motte de terre, une méditation
sur le passage du temps.



"Vous réglez toutes choses avec mesure, avec nombre et avec poids." (Sagesse, XI, 21)


Une méditation. Je suis faite témoin du fruit blessé et suspendu.
Le regard qui enregistre de la boîte dans ma main revient sur la corruption de la chair —non sans question : suis-je fascinée ? est-ce une forme de compassion qui appelle à ce que je regarde le plus précisément possible ce fruit douloureux ?— toujours en passant par les branches du pied de tomate, comme s'il s'agissait d'un arbre.
Sur la terre, à sa droite, la peau d'un autre fruit telle une dépouille.
Les oiseaux piaillent.


Qu'est-ce que le drame ? L'affection qui porte celui qui voit et regarde vers son objet. La manière affective dont il regarde.
Je maintiens l'idée que l'art d'aujourd'hui a besoin d'injecter
les affections dans son processus. D'y être attentif. L'affection active du sens. Se poser la question "quelle affection est posée dans cette vidéographie ?" procède au renouvellement de la création.


Voici ce que je lis dans le Petit Robert à l'article dramatisation: psychan. Transformation d'une idée censurée en image, dans le rêve. Voir symbolisation. - par ext. Transformation du concept en image, dans l'univers onirique ou mythique.

Je dirais que l'image que je filme est une forme de rêve, dans lequel le concept est voilé, latent. Filmer c'est chercher à découvrir l'affection cachée dans mon rapport à l'objet.